Historique

L'histoire du château de Trigance


Ancienne forteresse de  méditation bâtie par les Moines de l'Abbaye de Saint Victor de Marseille au IXième siècle, on ne trouve trace de la seigneurie de Trigance qu'à partir du XIIIième siècle. Elle fut occupée par la famille des Ponteves, très puissante jusqu'à la disparition de la branche aînée en 1230, puis par Romee, seigneur de Villeneuve, qui prétendait descendre des Comtes de Barcelone.

Mais l'obscurité plane sur la naissance de la famille qui a le plus contribué à la genèse de la formation de la seigneurie de Trigance : celle des Raimond de Provence, personnifiée dans la seconde moitié du XIVième siècle, par Jean de Raimond, dit 'Le Gros' ainsi que sur le lien qui le rattachait au dernier possesseur de Trigance.

On sait que ce personnage, d'origine italienne, vint en France, en Provence, à la tête d'une troupe guerrière qui avait généreusement servi les intérêts de la Reine Jeanne, et que, par lettres patentes du 16 Mars 1381, cette princesse inféoda en sa faveur la terre et la seigneurie d'Eoux et les terres de Trigance.

Jean de Raimond fut père de trois enfants :

Etienne de Raimond d'Eoux,
devenu 'Raymondis' à partir de 1519, qui eut à son tour quatre enfants : Elzear se maria à Louise de Castellane et eut un fils Jean qui continua la lignée des Raymondis d'Eoux. Pierre, Chevalier de l'ordre de Malte finît Grand Maître de son ordre par la protection du Roi de France, François Ier, en 1544.

Les deux filles qui suivaient Etienne furent l'une et l'autre 'Dames de Trigance'. Par leur double mariage avec deux frères de Demandolx, les deux seigneuries se trouvèrent transférées dans la maison des seigneurs de Demandolx. L'époux de la cadette, Eyres de Demandolx, devint le premier Seigneur de Trigance.

La seigneurie de Trigance dont les armes portent 'D'or à trois fasces de sable au chef de gueules chargé d'une main droite appaumée d'argent' fut une des familles provençales qui donna le plus de chevaliers à l'ordre de Malte.

La seigneurie se termina, pour les enfants mâles, à Bartelemi de Demandolx, seigneur de Trigance. D'abord Chevalier de Malte, il quitta la croix pour épouser Marguerite Delphine de Vento et eut une fille, Anne-Marie de Demandolx, 'Dame de Trigance', mariée à Cosme Maximilien de Valbelle, Comte de S.Tulle, Marquis de Treuves, président à Mortier au parlement de Provence.

Le château fut détruit à la révolution, toutes les archives brûlées. Il servit longtemps de carrière de pierres aux habitants du village, quand en 1961, un homme, Monsieur Hartmann, tomba amoureux de ce vieux château en ruines et décida avec son épouse de lui redonner vie.

Dix ans plus tard, un autre couple Monsieur et Madame Thomas furent séduits à leur tour et continuèrent l'oeuvre entreprise, elle est aujourd'hui poursuivie par leurs enfants.